Une nouvelle à lire

Nouveauté

couvbdb.jpgBlanche de Bordeaux est mon premier roman, c'est aussi un polar noir. Il vient de paraître aux éditions du 28 août (Jean-Paul Gisserot). En voici la quatrième de couverture :

Bordeaux, quartier de Bacalan - été 1996 : Coquelicot, un ancien privé, et le Grand Francis, son ami d’enfance, gouttent une retraite paisible au comptoir du « Rendez-vous des chasseurs ». Mais l’annonce de la destruction de la Cité Lumineuse, cette grande barre qui longe la Garonne, va bouleverser leur vie.
Le quartier se vide peu à peu. Seuls quelques résistants luttent pour sauver leur immeuble et, dans l’ombre, certains sont prêts à tout pour faire échouer leur action.
Qui essaye de compromettre davantage la mauvaise réputation de ce quartier populaire ? Pourquoi ces meurtres ? Qui sont ces hommes qui obligent Coquelicot à reprendre du service ?

 

 

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Grandes Ecoles Magazine N°33 Avril 2008

Bordeaux, été 1996, la Cité Lumineuse, grande barre qui longe la Garonne, va être détruite. Ses habitants sont en émoi et un comité de résistance se met en place au bar « Le rendez-vous des chasseurs ». Néanmoins, le quartier se vide peu à peu et seuls quelques résistants luttent encore pour sauver leur immeuble, tandis que dans l’ombre, d’autres sont prêts à tout pour faire échouer leur action.

 

Original et captivant, ce récit sort de l'ordinaire car au-delà de la trame policière, c’est une panoplie de natures humaines que l’on découvre, qui se battent et résistent, qui se confient à propos de leur existence et de leur difficulté d’exister. Des vieux du quartier qui n’ont plus leur jeunesse pour imaginer l’avenir, aux chômeurs qui tournent en rond dans l’absence de perspective, à ceux qui passent leur vie à rêver d’un ailleurs qu’ils auraient choisi… la destruction de la « cité », de ce « grand ensemble » rapproche des gens que tout sépare, avec toutes les souffrances qui en résultent.

 

Rencontre avec son auteur, Jean-Claude Lalumière

 

Vous travaillez au Musée d’Orsay, êtes co-fondateur des Editions Antidata et avez déjà écrit de nombreux textes pour la radio, des nouvelles et publiez aujourd’hui votre premier roman. N’est-ce pas trop difficile de concilier l’ensemble ?

Je manque parfois de temps, c’est vrai. Mais tout cela est cohérent. Chaque activité nourrit les autres et j’aurai du mal à en délaisser une. Le musée, la radio, l’édition, l’écriture… tout cela relève d’un intérêt pour la création, c’est une démarche sur laquelle je m’interroge. Plutôt normal pour un auteur…

Le polar semble être votre thème de prédilection, pourquoi ce choix ?

J’apprécie ce genre parce qu’il offre la possibilité de porter un regard critique sur la société tout en gardant un côté distrayant. Un polar, c’est avant tout une histoire bien ficelée qui va porter le lecteur. Au-delà de l’histoire, j’ai voulu écrire avec Blanche de Bordeaux un polar social qui décrit un milieu, en difficulté, mais sans s’apitoyer. Le polar, c’est aussi l’obligation de se décentrer, de se mettre à la place de l’autre, d’envisager l’histoire sous des angles de vue différents, d’aller fouiller dans ce qu’il y a de plus intime chez les personnages. Quel que soit l’angle choisi, policier, noir ou thriller, il est indispensable de chercher ce que l’autre a voulu. C’est là-dessus que repose l’histoire.

Votre livre dresse une vision assez sombre de la société : les jeunes s’abîment dans le chômage, les personnes âgées dans l’ennuie… Pensez-vous que la société française est trop égoïste, trop repliée sur elle-même ?

La société évolue vers des comportements de plus en plus individualistes, certes. On s’y laisse tous prendre. Blanche de Bordeaux est une histoire de quartier et montre que les choses peuvent être différentes, que la solidarité existe. Ce n’est pas une vision si sombre que ça de la société. Même si l’histoire est celle d’un monde qui disparaît.




Le Magazine des livres N°8 janvier/février 2008

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Un bon vieux Bordeaux
 
Par Marc Villemain
 
Une fois digérée la couverture, qui évoque davantage la mièvrerie d’une collection Harlequin qu’elle ne laisse augurer une quelconque promesse de mystère, vous ne courez d’autre risque que celui du plaisir à ce premier roman de Jean-Claude Lalumière. C’est d’ailleurs ce qui en fait le charme autant que la limite, mais nous y reviendrons.
 
L’histoire se déroule à la fin des années quatre-vingt dix, quand la municipalité entreprend de démolir la Cité Lumineuse, grande barre sise dans le quartier de Bacalan, au nord de l’agglomération bordelaise. Les mobiles de cette destruction programmée sont assez sourds, mâtinés d’ambition politique et d’affairisme local. Certes, une barre est une barre, et une barre n’a d’autres raisons d’être que de fournir un habitat à loyer modéré. Mais l’homme étant aussi un être social, il parvient toujours à créer de la sociabilité là même où il n’est pas initialement venu de son plein gré : ce que nos bobos tentent de retrouver sous l’étiquette de la vie de quartier est souvent le produit d’un processus social contraint, une solidarité de voisinage caractéristique de ce que put être naguère l’entraide ouvrière. Bref, Bacalan « resterait physiquement une enclave quoi que l’on y détruise », et la Cité Lumineuse aura son comité de défense au « Rendez-vous des Chasseurs », comptoir qui tire son nom du temps où, en lieu et place de la cité de béton que balaie parfois un « vent de bitume », s’étendaient les marais où l’on tirait encore du gibier d’eau.
 
Car c’est à une sorte d’élégie des mondes engloutis que nous convie Jean-Claude Lalumière, le temps d’un polar dont le charme un peu désuet est souvent irrésistible. Polar quasi-social d’ailleurs, car, non content de faire revivre une époque, il donne des ouvriers, des petits commerçants et des gens de peu une peinture pleine de tendresse et d’empathie, peinture que domine un sentiment de noblesse de classe et de pudeur fraternelle. Tout cela est peut-être un peu idéalisé, mais après tout pas si désagréable à lire, dans une période où la figure du héros se confond souvent avec celle du manager transfrontalier défiscalisé – quand ce n’est pas celle du politicard au bras d’un mannequin croqueur de mâles. Il y a quelque chose de Simenon dans cette manière de s’attacher un univers laborieux et d’éclairer le dénuement sans alourdir le trait ; et l’on pourrait convoquer jusqu’aux mânes de Dashiell Hammett, fin connaisseur (et pour cause) de la brutalité syndicale et sociale. Point de syndicat ici, toutefois, et l’on voit mal en effet quelle union ouvrière pourrait s’intéresser à ces hommes dont l’avenir est non seulement tracé, mais pour l’essentiel derrière eux. Ils ne peuvent donc que s’en remettre à eux-mêmes – mais il est vrai que l’existence les y a habitués. La galerie de portraits est d’ailleurs plutôt réussie, de Marcel Cliquot, dit « Coquelicot », un privé comme on n’en fait plus et dont la retraite sera moins paisible qu’escomptée, à son vieil ami « le Grand Francis », en passant par Christian Laruelle, le patron du « Rendez-vous ». A travers eux, une petite communauté fière et généreuse va se retrouver compromise dans un imbroglio qui, d’une simple affaire de résistance à un projet immobilier, tournera, trafic de stupéfiants aidant, au règlement de compte sanglant.
 
Jean-Claude Lalumière se moque bien d’apparaître comme moderne. Même si le coup du mégot enfoncé dans l’oreille en guise de cendrier pourrait ne pas déplaire à un Tarentino, nous sommes ici face à une sorte de standard du roman policier : des acteurs qui semblent nés pour jouer leur rôle, et rien que leur rôle, une mécanique narrative linéaire très éprouvée, une technique descriptive qui vise à l’essentiel, une volonté délibérée de fuir tout effet de manche ou de style. Cet absolu classicisme pourra décevoir tel ou tel lecteur, plus désireux de se sentir malmené, mais il n’est pas étranger à un plaisir, ou à un type de plaisir, que seule permet une texture sans apprêt. Quelques traits s’avèrent certes un peu convenus, et les effets de surprise sont au bout du compte assez peu nombreux. Ce roman exerce pourtant une vraie séduction. Cela tient au récit, charpenté, bien mené, mais plus encore à ce spleen lointain dont il est emprunt, au spectacle un peu désolé de ces mondes que la modernité sociologique enterre à la va-vite et sans le moindre état d’âme. Reste à Jean-Claude Lalumière, une fois faite la démonstration de son talent à mener l’enquête, à ciseler une écriture qui manque parfois d’un peu de nerf et à la libérer de quelques timidités. Nous tiendrons alors un fameux serial writer.




Bordeaux 7 (13/12/2007) : Lalumière Blanche, article de Carine Caussieu
http://www.bordeaux7.com/IMG/pdf_BX7-13-014.pdf

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Sud Ouest
(26/11/2007) : Polar aux souvenirs, article de Patrick Faure
http://www.sudouest.com/261107/vil_gir_bordeaux.asp?Article=261107aP1185004.xml

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France Bleu Gironde, le 03/11/2007 : avec un podcast de l'interview réalisée par Philippe Vigier. (
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