Bordel de merde !! Il fallait bien que cela arrive un jour, Le Mimosa, vrai bistrot parisien de la race en
voie d'extinction, fermera ses portes demain soir. Marinette et Jeannot prennent leur retraite. La rue des Bons-Enfants est en deuil.

Réputé auprès des habitués du quartier qui se gardaient bien de divulguer la bonne adresse (comprenez-nous, il n'y avait là qu'une vingtaine de places prises d'assaut chaque midi), Le Mimosa
était sans aucun doute le bistrot qui servait les meilleures frites de Paris. Jeannot n'avait pas d'égal pour la cuisson de la viande : entrecôte, boeuf braisé, pintade, gigot. Cet homme était un
orfèvre des fourneaux. Marinette, toujours dans le jus, courrait entre les tables pour assurer le service le plus inefficace possible. Mais qu'importe, on y venait pour la simplicité et le
plaisir de sentir un instant ce que le Paris d'avant avait pu être.

Ce bistrot était situé dans le quartier du Louvre. Jeannot et Marinnette pratiquaient cependant des tarifs imbattables. Plat du jour à 11 euros ; un dessert, un café et l'addition à payer en
caisse s'il vous plait (ou l'on retrouvait Marinette en fin de service, épuisée mais souriante) le tout à moins de 15 euros, quand à dix mètres de là, sur la rue du
Faubourg Saint-Honoré, des troquets à touristes servent des salades en plastique pour le double.
Il suffisait d'adresser un fois un compliment aux patrons et de voir leur regard briller de fierté pour comprendre la "philosophie" du Mimosa et de ses propriétaires : donner
du plaisir sans chichi. On était pas là pour faire du fric mais pour gagner sa vie, honnêtement, avec ce petit supplément de gentillesse.
Oui, je sais, tout cela fait un peu vieux con mais qu'importe.
Je parle au passé comme si tout cela était déjà terminé alors qu'il reste encore une journée de Mimosa à vivre. Demain encore, j'y serai, à me baffrer de
frites bien grasses et d'une bonne entrecôte.
Bon sang !
Blanche de Bordeaux est mon premier roman, c'est aussi un polar noir. Il vient de
paraître aux éditions du 28 août (Jean-Paul Gisserot). En voici la quatrième de couverture :

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