Une nouvelle à lire

Nouveauté

couvbdb.jpgBlanche de Bordeaux est mon premier roman, c'est aussi un polar noir. Il vient de paraître aux éditions du 28 août (Jean-Paul Gisserot). En voici la quatrième de couverture :

Bordeaux, quartier de Bacalan - été 1996 : Coquelicot, un ancien privé, et le Grand Francis, son ami d’enfance, gouttent une retraite paisible au comptoir du « Rendez-vous des chasseurs ». Mais l’annonce de la destruction de la Cité Lumineuse, cette grande barre qui longe la Garonne, va bouleverser leur vie.
Le quartier se vide peu à peu. Seuls quelques résistants luttent pour sauver leur immeuble et, dans l’ombre, certains sont prêts à tout pour faire échouer leur action.
Qui essaye de compromettre davantage la mauvaise réputation de ce quartier populaire ? Pourquoi ces meurtres ? Qui sont ces hommes qui obligent Coquelicot à reprendre du service ?

 

 

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Jeudi 18 septembre 2008

Bordel de merde !! Il fallait bien que cela arrive un jour, Le Mimosa, vrai bistrot parisien de la race en voie d'extinction, fermera ses portes demain soir. Marinette et Jeannot prennent leur retraite. La rue des Bons-Enfants est en deuil.

Réputé auprès des habitués du quartier qui se gardaient bien de divulguer la bonne adresse (comprenez-nous, il n'y avait là qu'une vingtaine de places prises d'assaut chaque midi), Le Mimosa était sans aucun doute le bistrot qui servait les meilleures frites de Paris. Jeannot n'avait pas d'égal pour la cuisson de la viande : entrecôte, boeuf braisé, pintade, gigot. Cet homme était un orfèvre des fourneaux. Marinette, toujours dans le jus, courrait entre les tables pour assurer le service le plus inefficace possible. Mais qu'importe, on y venait pour la simplicité et le plaisir de sentir un instant ce que le Paris d'avant avait pu être.   

Ce bistrot était situé dans le quartier du Louvre. Jeannot et Marinnette pratiquaient cependant des tarifs imbattables. Plat du jour à 11 euros ; un dessert, un café et l'addition à payer en caisse s'il vous plait (ou l'on retrouvait Marinette en fin de service, épuisée mais souriante) le tout à moins de 15 euros, quand à dix mètres de là, sur la rue du Faubourg Saint-Honoré, des troquets à touristes servent des salades en plastique pour le double.

Il suffisait d'adresser un fois un compliment aux patrons et de voir leur regard briller de fierté  pour comprendre la "philosophie" du Mimosa et de ses propriétaires : donner du plaisir sans chichi. On était pas là pour faire du fric mais pour gagner sa vie, honnêtement, avec ce petit supplément de gentillesse.

Oui, je sais, tout cela fait un peu vieux con mais qu'importe.

Je parle au passé comme si tout cela était déjà terminé alors qu'il reste encore une journée de Mimosa à vivre. Demain encore, j'y serai, à me baffrer de frites bien grasses et d'une bonne entrecôte.

Bon sang !
 

 
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Samedi 28 juin 2008
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Dimanche 25 mai 2008
Lus dans Télérama, ces mots d'Aurélien Ferenczi, chroniqueur cinéma aux propos parfois hermétiques au piètre cinéphile que je suis, au sujet de la sortie en DVD de Stranger than paradise de Jim Jarmush.

"Du coup, Stranger than paradise, avec ses cadres léchés et ses saynètes pince-sans-rire, s'apparente moins à un undergound pré-Sundance qu'à une certaine esthétique "mittel-Europa" entre Kaurismäki et la nouvelle vague tchèque"

J'étais assez rassuré dans la première partie de la phrase, mais, à partir d'underground, je me suis senti largué, exclu du cercle restreint des happy few abonnés de la Cinémathèque française pour lesquels Aurélien Ferenczi écrit sans doute.

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Vendredi 21 décembre 2007
Christian Bourgois est mort hier, jeudi 20 décembre. J'ai grandi à la lecture des ouvrages qui constituent le catalogue extraordinaire que cet éditeur a élaboré tout au long de sa carrière. Il affirmait la nécessité pour un éditeur de résister à la facilité, aux études de marchés, au goût du jour.
Il y a quelques années quand j'ai commencé à écrire, j'ai envoyé mon premier manuscrit à Christian Bourgois. Quelques semaines plus tard, j'ai reçu un courrier dans lequel il me disait que mon texte lui avait paru suffisamment  original pour le confier à l'un de ses lecteurs. Il me donnait ensuite quelques recommandations, orientations, m'encourageait à poursuivre. Cette lettre, reçue parmis une quantité de lettres types d'éditeurs qui refusaient mon texte, m'accompagne depuis. Même si le texte en question n'a pas été retenu par Christian Bourgois, ses mots, chaque fois que je me suis senti sur le point de tout envoyer valdinguer, m'ont aidé à continuer.
Christian Bourgois est mort hier, juste avant l'hiver, qui sera froid a n'en pas douter.  
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