"Chaque début d'écriture est un retour à la case départ. Et la case départ est un endroit
où l'on se sent très seul." Je ne contredirai pas ces mots de Quentin Tarentino. Cependant, pour lutter contre ce sentiment de solitude, je participe à quelques entreprises collectives :
Antidata, qui depuis 1997 ouvre des espaces de création dédiés à la forme courte, Les 7 mains, cahier d'exercice collectif, k-libre, site qui décline toutes les nuances du noir et sur lequel je fais paraître mes impressions de lecture.
Les articles de ce blog vous conduiront vers mes contributions à ces différents sites.
Je m'envole ce soir pour Tokyo. Je serai de retour le week-end prochain. Comme à chaque départ motivé par mon activité professionnelle,
je nourris avant même de revenir le regret de ne pas pouvoir profiter pleinement du séjour et de ne ramener en guise de souvenirs que des impressions fugaces et des articles achetés en duty
free.
Il y a dix jours, j'étais à Prague. Arrivé, à 12h, je devais décoller dès le
lendemain à 13h. Entre temps, des rendez-vous de travail, une rapide sortie le soir, seul, dans le centre de Prague, un café face au Danube au matin avant de filer vers l'aéroport. Je n'ai ramené
de Prague qu'un plan de métro, quelques pièces de monnaie que je n'ai pas pu dépenser avant de partir, une facture d'hotel et quelques images qui s'évaporeront très vite ou bien qui resteront
mais qui à long terme finiront par se mélanger aux autres images ramenées d'autres voyages, d'autres villes. Des images qui pourraient être de n'importe quelle ville. Des hôtels, des
aéroports, des hommes en costumes cravates auxquels je m'adresse en anglais. J'ai dans la tête une ville composée de dizaines de villes parcourues au pas de course, aperçues depuis une chambre
d'hotel, à travers la fenêtre d'un bus. Osaka, Stuttgart, Cracovie, Milan, Budapest, Nagoya, Francfort, Bruxelles, Londres, Madrid... Vues trop vite, elles finissent par n'être plus
qu'une.
Chaque fois que je reviens, c'est une destination de plus qui perd de son mystère et qui disparaît
des endroits à découvrir. Il en est ainsi de tout voyage, sauf que le mystère défloré ici ne me révèle rien ; tout au plus j'aperçois, mais je ne vois jamais vraiment. Chaque fois que je reviens
une porte se ferme sans que j'ai eu le temps de voir ce qui se trouvait derrière.
Et je ne suis même pas certain de pouvoir en tirer quelques lignes.