J'assistais hier soir, au Théâtre du Vieux-Colombier, à la générale de Yerma, drame de Federico Garcia-Lorca.
Yerma est une jeune femme mariée depuis deux ans et qui ne parvient pas à donner d'enfant à son mari, un homme de la terre, dur au labeur. Yerma se désespère de ce ventre sec, de ce corps
stérile.
Garcia-Lorca donne une image de la condition féminine dans cette Espagne rurale des années 30, fermée, ancrée dans un mode de fonctionnement séculaire, "se lever, manger son pain, travailler
et mourir", aveuglée par l'obscurantisme des croyances païennes et la contrainte de la foi. Mais le texte de Garcia-Lorca est universel, car c'est la nécessité d'enfanter, la pression
sociale, la difficulté d'aimer qui sont les thèmes de cette de cette pièce. Au-delà du territoire ibérique. Et la mise en scène de Vicente Pradal le souligne en mélangeant la musique, la danse,
le chant et le jeu. Sévillane, Flamenco viennent rythmer le spectacle, apporter des respirations dans un texte à la tension certaine mais dont le sujet grave ne pèse pas cependant sur le public.
Saluons le savoir faire de Garcia-Lorca en la matière qui sait glisser de l'humour dans son texte quand il le faut, et la mise en scène de Pradal, aussi, qui a su souligner l'universalité du
texte en remplaçant l'accompagnement attendu de la guitare flamenca par celui du piano et ne pas tomber ainsi dans l'espagnolade.
voir la présentation sur le site de la Comédie française
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