Lus dans Télérama, ces mots d'Aurélien Ferenczi, chroniqueur cinéma aux propos parfois hermétiques au piètre cinéphile que je
suis, au sujet de la sortie en DVD de Stranger than paradise de Jim Jarmush.
"Du coup, Stranger than paradise, avec ses cadres léchés et ses saynètes pince-sans-rire, s'apparente
moins à un undergound pré-Sundance qu'à une certaine esthétique "mittel-Europa" entre Kaurismäki et la nouvelle vague tchèque"
J'étais assez rassuré dans la première partie de la phrase, mais, à partir d'underground, je
me suis senti largué, exclu du cercle restreint des happy few abonnés de la Cinémathèque française pour lesquels Aurélien Ferenczi écrit sans doute.
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J'assistais hier soir, au Théâtre du Vieux-Colombier, à la générale de Yerma, drame de Federico Garcia-Lorca.
Yerma est une jeune femme mariée depuis deux ans et qui ne parvient pas à donner d'enfant à son mari, un homme de la terre, dur au labeur. Yerma se désespère de ce ventre sec, de ce corps
stérile.
Garcia-Lorca donne une image de la condition féminine dans cette Espagne rurale des années 30, fermée, ancrée dans un mode de fonctionnement séculaire, "se lever, manger son pain, travailler
et mourir", aveuglée par l'obscurantisme des croyances païennes et la contrainte de la foi. Mais le texte de Garcia-Lorca est universel, car c'est la nécessité d'enfanter, la pression
sociale, la difficulté d'aimer qui sont les thèmes de cette de cette pièce. Au-delà du territoire ibérique. Et la mise en scène de Vicente Pradal le souligne en mélangeant la musique, la danse,
le chant et le jeu. Sévillane, Flamenco viennent rythmer le spectacle, apporter des respirations dans un texte à la tension certaine mais dont le sujet grave ne pèse pas cependant sur le public.
Saluons le savoir faire de Garcia-Lorca en la matière qui sait glisser de l'humour dans son texte quand il le faut, et la mise en scène de Pradal, aussi, qui a su souligner l'universalité du
texte en remplaçant l'accompagnement attendu de la guitare flamenca par celui du piano et ne pas tomber ainsi dans l'espagnolade.
voir la présentation sur le site de la Comédie française
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Certains connaissent peut-être Nicolas Beaujon, financier français du XVIIIe siècle, né à Rouen en 1718 et mort en 1786, ancien
propriétaire du palais de l'Élysée qu'il vendit en viager à Louis XVI. Il était également l'heureux propriétaire du tableau « Les Ambassadeurs » de Hans Holbein (1497-1543), tableau aujourd'hui
visible à la National Gallery à Londres, et qui vaut, pour son anamorphose au premier plan, à lui seul le voyage outre-manche. C'est ce tableau qui inspira à Henry James (1843-1916) son roman, «
Les Ambassadeurs ».
Il y a beaucoup à découvrir dans les musées. C'est ce à quoi nous convie Nicolas Beaujon, un autre cette fois-ci, né en 1964 à Mont-de-Marsan, à travers un roman plein d'humour : « Le patrimoine
de l'humanité ». Mais c'est l'envers du décor qu'il nous propose, une sorte de « Racines et des Ailes » version trash, à travers les débuts dans la profession d'agent de contact (gardien de
musée) du narrateur qui passe ce concours de la fonction publique tout en rêvant de devenir une Rock Star.
Nicolas Beaujon a sans doute lui-même travaillé dans un musée pour en tirer ces pages à la fois drôles (les lettres des syndicats ont-elles vraiment été inventées par l'auteur ? Elles valent à
elles seules le détour. Ne passez pas non plus à côté de la scène du colis suspect), amères, désespérées (par le formatage administratif du personnage) tout en témoignant d'une certaine tendresse
pour ce milieu.
Nicolas Beaujon aurait pu se contenter d'un récit en forme de journal de bord relatant des anecdotes truculentes de la vie dans un musée mais il va plus loin, montrant la transformation du
personnage qui finit par reléguer ses rêves au second plan pour embrasser pleinement sa carrière d'agent de contact.
L'histoire couvre les années 1987 à 1992. L'année 1990 est certainement la plus marquante, la plus désespérante aussi : il n'y a que des pages blanches.
Le patrimoine de l'humanité de Nicolas Beaujon - éd. le Dilettante, 224 p.,
16 euros
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La Gabare, blog du Périgord, parle de Blanche de Bordeaux.
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