Une nouvelle à lire

Nouveauté

couvbdb.jpgBlanche de Bordeaux est mon premier roman, c'est aussi un polar noir. Il vient de paraître aux éditions du 28 août (Jean-Paul Gisserot). En voici la quatrième de couverture :

Bordeaux, quartier de Bacalan - été 1996 : Coquelicot, un ancien privé, et le Grand Francis, son ami d’enfance, gouttent une retraite paisible au comptoir du « Rendez-vous des chasseurs ». Mais l’annonce de la destruction de la Cité Lumineuse, cette grande barre qui longe la Garonne, va bouleverser leur vie.
Le quartier se vide peu à peu. Seuls quelques résistants luttent pour sauver leur immeuble et, dans l’ombre, certains sont prêts à tout pour faire échouer leur action.
Qui essaye de compromettre davantage la mauvaise réputation de ce quartier populaire ? Pourquoi ces meurtres ? Qui sont ces hommes qui obligent Coquelicot à reprendre du service ?

 

 

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Mardi 17 juin 2008
4e jour
Je flane dans le quartier de Shinjuku. Le soleil brille, plombe même l'atmosphère d'une humidité qui monte du sol dont le ciment, le bitume transpirent encore des pluies incéssantes de la veille. La lumière est aveuglante( Il faut absolument que je m'achète des lunettes de soleil). Le bruit est assourdissant. Le bruit ne s'arrête jamais ici semble-t-il : slot machines, pachinko, speakers des boutiques qui interpellent les passants de leur porte-voix, écrans géants qui diffusent des clips musicaux de groupes de rock japonais entrecoupés de publicités, klaxons, scooters qui filent entre les voitures, bruit de train de la JR line qui traverse le quartier...
Shinjuku, salle de pachinko

Je marche durant des heures captivé par l'activité, les bruits, les odeurs. Je m'arrête face à un atroupement devant une salle de spectacle un peu miteuse. Des dizaines de personnes agées s'apprêtent à assister à un concert donné par un couple de Peter et Sloane japonais. Il n'est pourtant que onze heures du matin. Plus loin, j'observe un groupe d'adolescentes, en short et bas résille, acroupies au milieu de la rue. Elles sont jolies comme beaucoup de jeunes tokyoïtes. Je ne comprends pas ce qu'elles font à discuter au milieu du carrefour, assises en cercle. Il ne se passe pas deux minutes avant que trois policiers en civil ne viennent contrôler leurs papiers et leur demander de déguerpir.

(Pour voir les jeunes filles en photo, il faut laisser des commentaires ou bien téléphoner au 0855 785 987 - 14,50 euros la minute, c'est pour payer les vacances)

A quelques mètres de là, entre deux bâtiments, dans une venelle étroite et craseuse, quelqu'un travaille, racle, récure je ne sais quoi. Je me distrais aux détails insignifiants de la ville, à tout ce qui la compose et que les touristes ne voient pas. Il n'y en a pas dans ce quartier, du moins pas dans le dédale où je me suis engagé. Ils sont plus loin, sur les grandes artères, où se trouvent les grandes enseignes occidentales, les grands magasins qui ouvrent leurs portes dans des alignements d'employés qui saluent avec déférence les clients à leur arrivée.

En rentrant à l'hôtel, je passe devant une "smoking area". Ce spectacle m'attriste à chaque fois; Je ne peux m'empêcher de penser que bientôt, certains voudront imposer ça chez nous.

smoking area
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Dimanche 15 juin 2008
Embarquement prévu à 10h40, porte 83. Je me promène dans la vaste zone duty free de l'aéroport de Narita. Je suis un peu fatigué. J'ai dormi en moyenne quatre heures par nuit depuis le début de la semaine, un manque de sommeil que j'ai compensé par des collations régulières, apports d'énergie nécessaires pour tenir. Du coup, j'ai pris du poids au Japon alors que la nourriture japonnaise est l'une des plus équilibrées.

Cette dernière nuit a été plus courte encore que les précédentes. D'une part, parce que j'ai trainé le soir dans le quartier de Shibuya, prolongeant au plus tard de la nuit mes derniers moments à Tokyo. D'autre part, parce que je me suis réveillé de mon demi sommeil à quatre heures du matin pour voir le match de l'équipe de France à l'Euro, ce dont j'aurais dû m'abstenir au regard de la piètre prestation des bleus et sur laquelle je ne m'étendrai pas.

Je croise dans l'aéroport M. Motomura, président de Big Apple Corporation. Je trouve étrange de rencontrer ici quelqu'un que je connais, que j'ai rencontré plusieurs fois, à Tokyo et en France. Nous nous sommes vu deux jours plus tôt. Je lui demande s'il part à Paris par le même avion que moi, mais non, il s'apprête à s'envoler pour la Chine. Curieuse rencontre.

Dans une Boutique de la compagnie aérienne Ana, je trouve une paire de lunette de soleil. La vendeuse est en train d'emballer mon achat quand je sens mes jambes se dérober. J'ai comme un vertige. Sans doute la fatigue, me dis-je. Mais je lève la tête et j'aperçois les enseignes publicitaire suspendues au plafond de la boutique qui se balancent en rythme. Quelques touristes américains se regardent en lâchant des "Ho my god!" peu rassurés.
Je questionne la vendeuse :
"Earthquake ?"
"Yes, earthquake." me répond-elle, tout en continuant d'emballer tranquillement mes lunettes. Son calme prévient toute panique autour d'elle.

Ce n'est qu'en arrivant à Paris que j'apprends, par ma mère qui m'a téléphoné dès qu'elle a entendu la nouvelle au journal télévisé du soir, que le tremblement de terre, dont l'épicentre de trouvait à trois cents kilomètres au nord de Tokyo, était d'un magnitude de 7,2 sur l'échelle de Richter, l'un des plus violents au Japon ces dernières années.

 
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Lundi 9 juin 2008
Osaka, 2004 © Jean-Claude Lalumière


J
e m'envole ce soir pour Tokyo. Je serai de retour le week-end prochain. Comme à chaque départ motivé par mon activité professionnelle, je nourris avant même de revenir le regret de ne pas pouvoir profiter pleinement du séjour et de ne ramener en guise de souvenirs que des impressions fugaces et des articles achetés en duty free.

Il y a dix jours, j'étais à Prague. Arrivé, à 12h, je devais décoller dès le lendemain à 13h. Entre temps, des rendez-vous de travail, une rapide sortie le soir, seul, dans le centre de Prague, un café face au Danube au matin avant de filer vers l'aéroport. Je n'ai ramené de Prague qu'un plan de métro, quelques pièces de monnaie que je n'ai pas pu dépenser avant de partir, une facture d'hotel et quelques images qui s'évaporeront très vite ou bien qui resteront mais qui à long terme finiront par se mélanger aux autres images ramenées d'autres voyages, d'autres villes. Des images qui pourraient être de n'importe quelle ville. Des hôtels, des aéroports, des hommes en costumes cravates auxquels je m'adresse en anglais. J'ai dans la tête une ville composée de dizaines de villes parcourues au pas de course, aperçues depuis une chambre d'hotel, à travers la fenêtre d'un bus. Osaka, Stuttgart, Cracovie, Milan, Budapest, Nagoya, Francfort, Bruxelles, Londres, Madrid... Vues trop vite, elles finissent par n'être plus qu'une.

Chaque fois que je reviens, c'est une destination de plus qui perd de son mystère et qui disparaît des endroits à découvrir. Il en est ainsi de tout voyage, sauf que le mystère défloré ici ne me révèle rien ; tout au plus j'aperçois, mais je ne vois jamais vraiment. Chaque fois que je reviens une porte se ferme sans que j'ai eu le temps de voir ce qui se trouvait derrière.

Et je ne suis même pas certain de pouvoir en tirer quelques lignes.

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Vendredi 6 juin 2008
Site dédié à la littérature noire, ouvrira ses portes prochainement.

Vous pouvez dès maintenant vous inscrire sur le site afin d'être informés de son lancement.

De temps en temps, j'y publierai des impressions de lecture, noire forcément.

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